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exposition
LE MONDE TOUT ENTIER NAQUIT D'UN OUI MARGOT KLINGENDER 11.09-24.10 Vernissage: 11.09, 17h-22h La pratique de Margot Klingender s’inscrit au cœur d’une approche sensible de la perception. Semi-aveugle depuis l’enfance, elle crée des univers empreints d’onirisme qui offrent un regard personnel sur le monde visuel et ses mises en connexion. L’exposition « Le monde tout entier naquit d’un oui » se déploie dans un jeu d’échelles sur les murs et dans l’espace central de Diagonale. Émanant de découpes papier réalisées initialement en formats intimistes, ces plus vastes œuvres d’acier chimériques arborent un vocabulaire graphique issu d'un patient travail de collecte. Depuis plusieurs décennies, Klingender constitue un important répertoire d'images glanées sur différents supports : livres, archives, forums en ligne ou encore réseaux sociaux. Redessinées puis découpées à la main, ces figures vacillantes à l’allure dentellière sont soustraites à leur contexte d'origine avant d'être réagencées de façon intuitive, selon leurs qualités formelles ou leurs affinités esthétiques. Sans liens apparents, elles esquissent tout de même une pluralité de contours narratifs au service d’une réflexion sur la production de sens, teintée par les principes de dialogisme et d’intertextualité [1]. Une exploration algorithmique qui perdure dans l’activation du vide que le Scherenschnitt permet à l’artiste. Cette technique suisse-allemande, qui consiste à retirer du tangible pour faire apparaître l’image souhaitée, devient le théâtre d’ombres portées par la lumière qui traverse les sculptures. Déplaçant volontairement l’immatériel vers le palpable, celle-ci ajoute une nouvelle strate à l’interrogation que semble poser Margot Klingender : comment un objet visuel ou réflexif au sens large se transforme-t-il lorsqu'il migre d'un régime de visibilité à un autre ? - Chloé Grondeau ----------------- [1] Le concept de dialogisme (1929) développé par Mikhail Bakhtin désigne l’idée que toute parole, pensée ou production de sens se construit dans sa relation à d’autres voix, discours et points de vue. Le concept d’intertextualité (1966), développé notamment par Julia Kristeva à partir de Bakhtin, désigne quant à lui la manière dont tout texte — et, par extension, toute production culturelle — absorbe, transforme et réactive d’autres textes, images ou formes préexistantes. |
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